La crise sanitaire que nous traversons bouleverse nos vies. Chacun·e s’y adapte au mieux car les mesures prises sont nécessaires. Cependant, tout le monde n’est pas à égalité car certains foyers ne sont pas des lieux sûrs.  Pour certaines personnes, l’isolement est devenu insoutenable face à la violence intra-familiale. C’est particulièrement le cas pour les femmes, les enfants et les jeunes LGBTQIA+.

 

Des violences chiffrées

Selon un étude française[1], depuis le milieu des années 1970, les minorités sexuelles sont de plus en plus acceptées. Pourtant, si 50% des femmes et hommes se disant homosexuel·le·s a été acceptée par leurs parents, l’autre moitié a été rejetée. Et la plupart de personnes se considérant bisexuelles sont restées dans le silence.

Ces données montrent aussi que la population adulte actuelle compte une proportion importante de victimes de violences parentales et intrafamiliales durant leur jeunesse. Ces violences se caractérisent par des tentatives de meurtre (1%), des brutalités physiques (6%) et des maltraitances psychologiques (10%). Ce dur constat concerne tous types de personnes, indépendamment de l’orientation sexuelle.

Enfin, les violences sexuelles au sein de la famille concernent davantage les femmes que les hommes : 4% contre 0,6%.

Des conséquences lourdes pour les victimes

Le sexisme et les LGBT-phobies constituent des facteurs majeurs d’émergence des violences. Les filles et les personnes homosexuelles ou bisexuelles sont beaucoup plus souvent la cible de ces brutalités. L’évolution morale et politique des sociétés ont permis une prise de conscience progressive de certaines formes de violence : brutalité, destruction, viols. Cependant, c’est plus difficile pour les maltraitances psychologiques car elles sont moins visibles, y compris pour la victime.

De plus, de nombreux·ses jeunes ne se sentent pas libres d’être elles-mêmes et eux-mêmes à la maison. Encore en 2020, trop de parents rejettent leur enfant après leur coming-out. Cela entraînant parfois la mise à la porte du domicile familial.

Dans un contexte de confinement, toutes ces formes de violence deviennent insoutenables. Et les victimes LGBTQIA+ en paient le prix fort.

Des aides pour soulager et sensibiliser

Pour aider à la lutte contre l’homophobie et la transphobie, différents types d’organismes sont apparus à travers notre pays. Ils viennent en aide aux jeunes LGBTQIA+ victimes de ces maltraitances, en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

A Bruxelles, l’ASBL « Le Refuge » propose un hébergement et un accompagnement aux jeunes en rupture familiale ou livrés à eux-mêmes après avoir fui le foyer familial ou après en avoir été expulsés

Dans chaque ville, les MAC (Maison Arc-en-Ciel) fournissent une aide sociale, juridique et psychologique aux personnes qui rencontrent des difficultés à vivre leur orientation ou leur identité sexuelle. Les Maison Arc-en-ciel informent aussi les personnes LGBTQIA+ et le grand public sur les droits des LGBTQIA+, sur les services d’aide et les associations de terrain existant près de chez elles et chez eux.

Ces initiatives sont essentielles pour créer une société inclusive et plus égalitaire.

Une préoccupation renforcée pendant cette crise

En ce 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, DéFI Jeunes se joint aux appels lancés concernant les droits et les solutions à apporter à toutes les victimes de violences domestiques, y compris les LGBTQIA+. En effet, la bataille contre le covid-19 ne doit pas affaiblir notre attention face aux comportements violents. Avec l’aide des acteurs de terrain, les pouvoirs politiques ont pris des mesures en ce sens : lignes d’écoute renforcées, mobilisation de la police locale… Cependant, notre attention ne peut s’arrêter là.

Pour DéFI Jeunes, il faut rester vigilant et attentif. Cela passe par des actions concrètes :

  •  Renforcer les moyens humains et financiers  des centres de prise en charge des violences sexuelles
    Les violences n’épargnant personne, il est essentiel que les structures pour les victimes de violences conjugales et intrafamiliales soient également renforcées.
  •  Garantir l’accès à un logement d’urgence aux personnes victimes de violences
    A cette fin, il est nécessaire de s’assurer qu’il y a suffisamment de solutions d’hébergement disponibles. La mise à disposition de bâtiments publics inoccupés est une solution.
  •  Augmenter le nombre de places disponibles dans les hôtels pour accueillir des victimes de violences
    Certains hôtels sont déjà mobilisés pour loger des sans-abri, il est essentiel d’élargir cette capacité d’accueil aux personnes victimes de violences.

Ces mesures provisoires doivent être le début de la mise en oeuvre de réponses plus structurées et pérennes afin de permettre à chaque personne de trouver une réponse adaptée à ses difficultés.

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 [1] “Violences et rapports de genre”, étude menée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) : https://cutt.ly/wyWvPPy 

 

Notre GT LGBTQIA+ travaille sur des questions liées aux personnes LGBTQIA+. Envie d’en apprendre plus sur les droits LGBTQIA+ ? Des idées à partager sur les discriminations liées au genre ou à l’identité sexuelle ? Prêt·e à t’engager dans un projet concret ? Rejoins notre groupe de travail !

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