Jeunes à l’assaut des votes : Jérôme de Mot (FDF)

Dans leur  dossier Élections : les jeunes à l’école de la politique (Alter Échos n°378) Alter Echos se penche sur l’engagement politique de la nouvelle génération et vous livre, par la même occasion, les interviews de jeunes candidats issus des principaux partis francophones. Retrouvez  l’interview de Jérôme de Mot, notre président des Jeunes FdF et 23e candidat à la Région Bruxelles-Capitale.

Découvrez l’interview ci-dessous :

Dans la foulée du dernier dossier d’Alter Échos consacré à l’engagement des jeunes dans la politique, nous vous proposons sur le site, une fois par jour, l’interview, mi-décalée mi-sérieuse, d’un candidat de chaque parti.

Alter Échos : Être jeune au FDF, cela signifie-t-il qu’il vous faut faire acte d’allégeance au grand leader Maximo Maingain ?

Jérôme de Mot : Les Jeunes FDF sont une organisation de jeunesse reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Notre objectif est de sensibiliser les jeunes à la politique, de défendre les droits des minorités nationales et d’encourager la solidarité au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous sommes de jeunes fédéralistes, démocrates et francophones.  Nous sommes donc tout naturellement proches du parti FDF. Cependant, nous sommes une entité totalement séparée du parti. Nous avons une liberté d’action et émettons des avis personnels sur l’ensemble des politiques menées en Belgique.

A.É. : Comment décide-t-on de se battre pour les francophones ? Avez-vous été traumatisé par l’apprentissage du flamand pendant votre enfance ?

J.d.M. : Les Jeunes FDF se battent pour faire respecter la démocratie et pour contrer le nationalisme.  Nous ne souhaitons pas lutter contre le nationalisme parce qu’il est flamand, mais parce que le  nationalisme est une atteinte aux libertés fondamentales et aux valeurs démocratiques de l’Europe. Je n’ai en aucun cas été traumatisé par l’apprentissage du néerlandais. En tant que Belgo-britannique, je suis très intéressé par l’apprentissage des langues. À noter que j’ai obtenu un post-master en management en néerlandais à la Hogeschool Gent.  Les jeunes FDF soutiennent pleinement des initiatives telles que la mise en place d’écoles en immersion. Plusieurs mandataires FDF ont pris ce genre d’initiatives à l’échelle communale.

A.É. :  Bart De Wever arrive au pouvoir … prenez-vous les armes ?

J.d.M. : Les armes, c’est un grand mot.  Si la NVA devait être au pouvoir, nous serions très attentifs aux politiques qu’elle mène.  Dans le tout premier point de son programme, la NVA dit clairement que son but final est d’obtenir l’indépendance de la Flandre et ce, en passant d’abord par un système confédéral. Elle veut la fin de la Belgique, c’est clair et limpide. Bart De Wever devra savoir qu’une Flandre indépendante, ce sera sans Bruxelles et sans les 6 communes à facilités. En tant que Bruxellois, je ne peux accepter toute discrimination sur la base de la langue ou toute forme de sous-nationalité comme celles proposées par la N-VA.

A.É. : Blague à part, avez-vous des relations avec des jeunes d’autres partis, et plus particulièrement du côté flamand ?

J.d.M. : Nous acceptons toutes les demandes de rencontres et de débats avec les jeunes de toutes les formations politiques démocratiques, qu’elles soient francophones ou néerlandophones. Mais il est vrai que nous avons davantage de contacts avec les jeunes des formations politiques francophones. Nous avons en effet développé la plateforme « apprentis citoyens » qui nous permet d’échanger nos expériences avec les élèves de l’enseignement secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous sommes donc amenés à nous rencontrer fréquemment.

A.É. : Si vous, personnellement, étiez au gouvernement bruxellois, quelle serait la première mesure que vous feriez voter ?

J.d.M. : Les Jeunes FDF ont fait beaucoup de propositions au parti dans le cadre de l’élaboration du programme électoral, tant en matière d’emploi que de mobilité, de formation, de sport ou encore d’environnement et d’énergie. En ce qui me concerne, la priorité des priorités concerne la situation de l’emploi des jeunes à Bruxelles. Le taux de chômage des jeunes a enregistré une progression importante et a atteint plus de 30% en décembre 2013 !  Afin de donner des perspectives aux jeunes Bruxellois et actionner les leviers de la réussite, il faut promouvoir l’orientation et l’insertion professionnelles. Le rapprochement du monde du travail avec l’enseignement et la formation professionnelle est une réponse à la problématique du chômage. Pour ce faire, je suggère la mise en place d’une journée « emploi » dans les écoles où l’on mettrait en avant les métiers en pénurie. C’est probablement la première mesure que je voterais.

A.É. : Que préférez-vous ? Un bon premier ministre néerlandophone ou un mauvais premier ministre francophone ?

J.d.M. : Sans aucun doute, un bon premier ministre néerlandophone. On attend d’un Premier ministre qu’il soit le ministre de tous les belges. Peu importe son appartenance linguistique.

A.É. :  Pour vous le FDF c’est la droite de la gauche, la gauche de la droite ou le centre de tout ?

J.d.M. : Le FDF est résolument au centre de l’échiquier politique en matière socio-économique. Le parti défend une « troisième voie » économique et fiscale à côté du libéralisme et du socialisme qui ont démontré leurs limites dans le contexte de la crise économique et financière. Il fallait miser sur une vraie relance économique créatrice d’emplois, ce que le gouvernement fédéral actuel n’a pas pris la peine de mettre en œuvre.

Retrouvez l’interview sur le site d’Alter Echos