Les conteneurs enterrés séduisent

« Les Jeunes de Schaerbeek avancent des propositions concrètes pour améliorer la politique de la propreté publique: mise en place de conteneurs dits « intelligents », création d’une charte propreté avec les habitants, valorisation des métiers de la propreté, ajout de cendriers sur les corbeilles de notre commune, renforcement des mesures répressives.

La façon dont nous trions nos déchets et comment ils sont ramassés est un thème régulièrement discuté par nos politiques. À ce titre, la mise en place de conteneurs en rue destinés à remplacer les sacs jaunes, bleus et blancs semble intéresser de plus en plus de monde. Après avoir été évoqué par Molenbeek et Anderlecht, c’est au tour des jeunes DéFI de Schaerbeek de plaider pour ce nouveau modèle.
Signe que les élections approchent ? En tout cas, la recherche de nouveaux dispositifs pour améliorer la propreté publique semble particulièrement débattue ces derniers temps. Le groupe DéFI de Schaerbeek (celui du bourgmestre Bernard Clerfayt) a d’ailleurs récemment organisé une réunion où ses membres pouvaient faire diverses propositions en la matière. Les jeunes DéFI de la locale schaerbeekoise sont ainsi venus avec quatre propositions, dont l’une prône carrément un changement radical dans la collecte des déchets.

« Nous pensons qu’il faut en finir avec le système actuel qui consiste à déposer nos sacs dans les rues plusieurs heures avant le ramassage », indiquent Déborah Lorenzino, présidente de DéFI Jeunes et conseillère communale, et Jérôme De Mot, futur candidat aux communales, par ailleurs directeur de la communication de la secrétaire d’État bruxelloise Cécile Jodogne. « De ce fait, nous salissons tous et de manière légitimée notre espace public. Sans compter que cela encourage les incivilités et les dépôts clandestins. »

D’après eux, il serait plus efficace de supprimer les collectes hebdomadaires en porte à porte et de les remplacer par des conteneurs enterrés. Les citoyens devraient donc se déplacer aux conteneurs les plus proches pour déposer leurs sacs. « Cela évite de stocker des poubelles chez soi et de ne pas laisser des poubelles traîner dans les rues avec tout ce que cela induit », jugent Deborah Lorenzino et Jérôme De Mot. Ils plaisent également pour que ces conteneurs soient « intelligents » : ils pourraient compacter les déchets récoltés et prévenir lorsque la benne est pleine.

Un tel projet entraînerait une rupture avec le système de collecte actuel. C’est pourquoi les jeunes DéFI imaginent que Schaerbeek pourrait être commune pilote pour Bruxelles Propreté.

Si certains peuvent y voir un projet fantaisiste ou trop ambitieux, au vu des changements d’infrastructure que nécessite un tel projet, d’autres sont au contraire convaincus du bien fondé de la chose. Ce système a d’ailleurs aussi été évoqué par les communes de Molenbeek et Anderlecht à l’automne dernier. Ainsi, Olivier Mahy (MR), échevin à la propreté à Molenbeek, avait demandé, dans le cadre d’un appel à projet de Bruxelles Propreté (qu’il n’a pas remporté), l’installation de tels conteneurs.

Son homologue anderlechtoise Elke Roex (sp.a) a elle aussi plaidé pour remplacer la collecte au porte-à-porte par des conteneurs, « mieux adaptés à la vie en appartement ». Une volonté réaffirmée lorsqu’elle s’est rendue en voyage à Ljubljana, capitale de la Slovénie, où un tel système est mis en place, avec des conteneurs à maximum 150 mètres de chez les habitants. D’autres villes d’Europe bénéficient d’un système similaire, notamment en Espagne, en Italie ou en France. »

Créer une charte de propreté urbaine avec les habitants

« Les jeunes DéFI, lors de la dernière réunion de la section schaerbeekoise en vue de préparer le programme pour les élections communales, ont proposé d’autres idées en matière de propreté publique. Il faut rappeler que la propreté, avec le stationnement, sont les deux grands thèmes sur lesquels la population schaerbeekoise souhaite des changements, d’après notre grand sondage Sudpresse-RTL réalisé cet automne. Les partis politiques ont donc tout intérêt à proposer des choses nouvelles, pour tenter de séduire les électeurs.

Deborah Lorenzino et Jérôme De Mot estiment, pour leur part, qu’il faut sensibiliser autrement et responsabiliser les habitants, afin d’agir en amont. Ceci afin, aussi, de faire des économies quant aux prestations de nettoyage. Ainsi, ils proposent de créer une « charte de propreté urbaine », où habitants, commerçants, associations et comités de quartier souscriraient à ladite charte, afin de témoigner de leur engagement à maintenir un espace public propre. Ils pourraient recevoir un autocollant pour témoigner de leur engagement.

Les jeunes DéFI de Schaerbeek demandent aussi que des cendriers soient ajoutés à chacune des corbeilles de la commune. Ils proposent une revalorisation des métiers de la propreté (prévention des problèmes de santé, évolution de carrière…) et insistent : le volet répressif doit être renforcé. On notera que l’actuel échevin de la propreté, Sadik Köksal, s’il fait partie de la liste du bourgmestre, n’est pas DéFI mais Libéral. »

Article paru dans le journal LaCapitale, le 8 février 2018, p.6-7.