Conseil de la Jeunesse : une candidate francophone recalée sous le prétexte qu’elle vit en périphérie !

« Les jeunes ont une voix ! » titre fièrement l’affiche promotionnelle des élections du prochain Conseil de la Jeunesse afin de mobiliser les 18 – 30 ans à remplir leur devoir civique. Apparemment, tous les jeunes n’ont pas droit à faire usage de cette voix… Cette année, en effet, ces élections ont été le théâtre d’une nouvelle discrimination à l’égard des francophones qui vivent en périphérie !
En septembre dernier, Sophie Rohonyi, candidate francophone de Rhode-Saint-Genèse, a décidé de se porter candidate.
La jeune fille a eu l’intelligence d’accompagner sa demande d’un programme et d’une lettre de motivation, ignorant que le décret de la Ministre Huytebroeck lui causerait quelques soucis puisque le texte adopté par le gouvernement prévoyait d’interdire à tout francophone belge ne vivant ni à Bruxelles ni en Wallonie de participer aux élections du Conseil de la Jeunesse.
Mais quand bien même elle l’aurait su, on peut supposer que, dans sa grande naïveté, Sophie Rohonyi aurait probablement pensé que les valeurs démocratiques l’emporteraient sur le non-sens et la profonde injustice d’un décret plaçant le droit du sol avant celui des gens…
Après avoir délibéré sur le cas « Rohonyi », la commission électorale du Conseil de la Jeunesse a pourtant décidé de recaler la candidate en se justifiant de son refus par le fait que Sophie vit dans une commune à facilités.
Nous avons été profondément choqués par la conclusion de la commission électorale : pour les Jeunes FDF, cette décision constituait une discrimination inacceptable !
« Un francophone de Flandre n’aurait-il plus le droit de défendre l’intérêt des jeunes francophones et de les représenter au niveau national ? » s’interrogeait le président des Jeunes FDF, Jérôme De Mot.
« Le Conseil de la jeunesse est l’organe officiel d’avis et le porte-parole des jeunes francophones de Belgique. Il est donc aberrant de refuser la candidature d’un francophone sous un prétexte territorial, d’autant plus que la candidate en question vit en Belgique ! » estime-t-il.
Une grande partie de la Flandre est obnubilée par l’homogénéité linguistique et territoriale.
« Cela ne doit pas obliger les francophones d’entrer dans la même logique. Tout jeune francophone devrait avoir le droit d’être représenté au Conseil de la Jeunesse, quand bien même il habite la périphérie bruxelloise », ajoute Jérôme De Mot.
Suite à ces tristes événements, nous avons décidé de réagir. Les Jeunes FDF ont d’abord fait paraitre un communiqué de presse qui présentait clairement leur opinion sur la situation, expliquant que le décret de la Ministre Huytebroeck est un bric-à-brac de nouvelles mesures qui complexifient toute l’élection du Conseil de la Jeunesse.
Par l’entremise de ce communiqué, nous demandions sans équivoques, et dans les plus brefs délais, la modification dudit décret afin d’y intégrer la possibilité pour tout jeune citoyen francophone belge de voter (possibilité qui leur était également interdite aux élections de cette année !) ou de présenter son programme pour l’élection du Conseil de la Jeunesse.

Un travail qui porte ses fruits
Grâce au travail et à la vigilance des Jeunes FDF, deux députés FDF du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Persoons et Didier Gosuin, ont interpellé la ministre Huytebroeck. Cette dernière a rapidement décidé de demander au Conseil de la Jeunesse d’étudier une éventuelle modification de ses critères d’éligibilité.
On a cependant pu lire dans la presse que madame la ministre de la Jeunesse a déclaré que personne n’avait émis d’objection lors de l’élaboration et de l’adoption du nouveau décret.
C’est faux.
En juillet, Jérôme De Mot a adressé à Caroline Persoons ses observations concernant le futur décret qui régirait les élections du Conseil de la Jeunesse. La députée FDF en avait pris bonne note et elle avait soulevé des objections en séance plénière.
Il semble évident que le gouvernement a décidé de ne pas tenir compte des critiques de la députée FDF en passant outre à ses avertissements sur les risques de la mise en application du décret tel qu’il était rédigé.
Les Jeunes FDF suivront attentivement le déroulement de ce dossier et nous ne manquerons pas de vous faire part des modifications apportées dans le futur à ce décret qui a décidément déjà fait couler bien de l’encre…

Article rédigé par Vincent Vervaeren

Détaché pédagogique des Jeunes FDF