Si en Belgique, le droit à l’avortement existe depuis 1990, force est de constater qu’il n’est pas acquis. Les débats et les manœuvres politiques autour de la proposition de loi visant à dépénaliser l’IVG nous l’ont bien montré.

Les droits des femmes victimes des jeux politiques

Cette année, la Journée mondiale pour la dépénalisation de l’avortement est plus spéciale que les autres. En effet, elle survient 12 jours après que les partis de la coalition Vivaldi ont renvoyé ce texte à la commission Justice de la Chambre. Une manœuvre anti-démocratique utilisée pour satisfaire les souhaits du CD&V. Les multiples allers-retours au Conseil d’Etat, à l’initiative des opposants (NVA, Vlaams Belang, CD&V et cdH), n’auront pas suffi.

Il est vrai que les questions liées à l’IVG impliquent des enjeux éthiques. Il est aussi normal et sain qu’ils provoquent des débats au sein de la société civile. Néanmoins, il est inacceptable que l’IVG soit devenue un des critères de formation gouvernementale. Les droits des femmes ne peuvent être le fruit de quelconque marchandage politique.

Quelle est cette proposition de loi ?

D’une part, cette proposition vise à dépénaliser l’IVG et à assouplir les conditions pour y avoir recours. D’autre part, elle cherche à supprimer certaines dispositions infantilisantes vis-à-vis des femmes voulant y recourir. Elle prévoit une série de modifications, dont les principales sont :

1)  La fin des sanctions pénales spécifiques à l’encontre des femmes et de leurs médecins si une
des conditions légales pour avorter n’est pas respectée.
2)  L’extension du délai légal pour avorter de 12 à 18 semaines.
3)  Le délai de “réflexion” entre la demande d’IVG et sa pratique raccourci de 6 jours à 48 heures.

Pourquoi cette proposition est importante ?

Ce texte de loi est important pour TOUTES les femmes. 

En 2017, 472 Belges se sont rendues au Pays-Bas pour avorter car elles avaient dépassé le délai légal de 12 semaines. Cependant, toutes les femmes qui le dépassent ne peuvent débourser 1000€ pour y aller. Par conséquent, les classes sociales défavorisées ne peuvent bénéficier de ce droit. Les femmes qui demandent une IVG plus tardivement ont souvent de bonnes raisons : déni de grossesse, violences dans le couple, précarité et pauvreté,…

Découvre notre dossier sur la dépénalisation de l’IVG dans notre prochain magazine, Magenta. Tu n’y es pas encore abonné·e ? Contacte-nous pour le recevoir gratuitement dans ta boîte.
Sortie prévue à la mi-octobre.

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