Deborah Lorenzino ne cache pas ses ambitions : s’imposer comme le renouveau féminin de DéFI

À 32 ans, et après six ans passés comme conseillère communale à Schaerbeek, où elle est cheffe du groupe DéFI, Debora Lorenzino se présentera à nouveau aux prochaines communales. Avec, pourquoi pas, un échevinat à la clef, si possible, celui de la jeunesse. Elle ne cache en tout cas pas son ambition. Elle est femme et jeune ? La présidente de DéFI jeunes compte bien en faire ses atouts, dans un collège aujourd’hui vieillissant et dominé par les hommes.

0 Dans l’état actuel des choses, il est très peu probable que Bernard Clerfayt perde son mayorat et que les votes de DéFI plongent. Comment donner du piment à une campagne qui ne s’annonce pas des plus difficiles ?
Toute élection est un nouveau challenge. Il y a de grandes chances pour que la liste du bourgmestre soit la principale liste, mais nous sommes à plus de six mois
des élections, on doit garder le leadership pendant tout ce temps. Il y a l’enjeu du nombre de sièges que la liste remportera. Et puis, au niveau personnel, il y a la question de pouvoir être réélue. J’aimerais égaler mon score de 2012 (702 voix) ou l’augmenter.

0 Comment avez-vous vécu ces six années comme conseillère communale, et comment trouver sa place dans une section, DéFI Schaerbeek, qui semble déjà bien installée ?
Je pense que sa place, on doit la prendre. Quand on m’a proposé d’être candidate en 2012, j’ai dit « d’accord, mais je ne veux pas être la jeune potiche de service ». Ensuite, quand on prend les premières fois la parole au conseil communal, on a un peu peur, surtout face à des pointures de la politique comme Laurette Onkelinx, Yves Goldstein ou Isabelle Durant. Et puis on se positionne, au fur et à mesure. Je pense aujourd’hui avoir vraiment ma place. On verra si cette place est amenée à grandir encore.

0 Justement, avec un collège vieillissant et à forte présence masculine, ce qui a été beaucoup critiqué, ne peut-on pas imaginer pour
vous un poste d’échevine pour la prochaine législature ?
Oui, j’aimerais avoir plus de responsabilités. Mais cela dépendra de beaucoup de choses, des scores, mais aussi des nouvelles ordonnances : la tirette, la parité au collège. Je pense qu’il serait bon, dans la liste du bourgmestre, que l’on voit de nouvelles têtes, des jeunes. Nous avons des échevins qui font du très bon travail, mais depuis longtemps… Il y aurait tout intérêt à lancer de nouveaux visages. Je pense d’ailleurs que la section l’a compris, tout comme elle souhaite ouvrir la liste à des personnes de la société civile. On ne fait plus de la politique comme il y a vingt ans. Schaerbeek a beaucoup changé. Quand j’étais petite, j’étais un peu gênée de dire que je venais de Schaerbeek. Maintenant, on est fiers d’être là. Tellement de choses ont changé. Mais le travail n’est jamais fini. Les préoccupations aussi changent.

0 Se posera aussi la question de la future coalition, comment voyez-vous les choses ?
Je pense que depuis plusieurs législatures, on travaille très bien avec Ecolo. Nous avons aussibien travaillé, lors de la dernière législature, avec le cdH. Mais là encore, tout dépendra des scores de chacun, et je pense que c’est d’abord au citoyen de trancher. Puis, le plus important, c’est que l’on puisse se retrouver avec des personnes qui partagent nos valeurs.

0 Du côté de DéFI jeunes Schaerbeek dont vous êtes la présidente, comment va s’articuler la campagne ?
Nous allons commencer après Pâques des séances de consultation citoyenne avec des jeunes, au sens large. Nous allons essayer d’en rencontrer le plus possible et nous ferons ensuite des propositions qui, j’espère, seront le plus possible intégrées au programme de la liste du bourgmestre.

0 Et pour vous plus personnellement ? En tant que présidente de DéFI jeunes, vous êtes bien connue au sein du parti, mais ce n’est pas forcément le cas chez les Schaerbeekois…
Pour ma part, je me présenterai à l’élection avec des projets. Je crois beaucoup au travail de terrain, aller rencontrer directement les citoyens, leur parler. J’aborde les gens quand je suis au supermarché, à l’arrêt de tram, au parc Josaphat… Je dis souvent que mes 700 voix de la dernière fois, je suis presque sûre de leur avoir toutes parlé en personne.

0 Comment êtes-vous arrivée en politique ?
C’est venu au cours de mes études de droit, en 2010, sur fond de crise politique. Je lisais quotidiennement le journal, en me disant que ce n’était pas possible, que mon pays risque d’éclater. J’ai donc voulu aller plus loin et m’engager en politique, et je me suis dirigée vers le FDF. J’ai rempli mon formulaire en ligne, et voilà.

0 Le fait d’être une jeune femme a-t-il été un handicap ?
En tant que jeune, la difficulté principale c’est qu’on aurait envie de tout révolutionner, et on se heurte vite à des mentalités bien installées… Pour le fait d’être une femme, je pense que les citoyens et la plupart des mandataires trouvent ça chouette de voir une jeune qui s’engage. La plupart des membres de la section, je pense, souhaitent des idées nouvelles. Mais il y a toujours des personnes qui pensent qu’il faut laisser le temps au temps, qu’on peut attendre avant de nous donner des responsabilités.

 

Ses trois projets pour Schaerbeek : École en immersion et marché de noël

Si la liste n’est pas exhaustive et que le programme est encore en cours d’élaboration, voici trois projets que Debora Lorenzino aimerait particulièrement voir se concrétiser dans sa commune dans les prochaines années.
> Une école en immersion
La conseillère communale aimerait que se crée une école en immersion linguistique dans la commune. « Je pense que Schaerbeek est la cité des écoles, c’est une commune très jeune et on a vraiment besoin d’une école en immersion pour nos enfants, pour qu’ils puissent apprendre le néerlandais. »
> De la culture pour les
jeunes
« Mon deuxième projet serait autour de la culture et des jeunes », indique Debora Lorenzino. « Deux thèmes qui me sont chers en tant que présidente de DéFI jeunes. » La conseillère schaerbeekoise souhaiterait que se développe un programme culturel en lien direct avec la jeunesse. « Je souhaiterais que les jeunes soient plus impliqués dans la vie culturelle de notre commune et plus présente aux activités culturelles que la commune propose. La culture pour les jeunes et par les jeunes. » D’après elle, pour le moment, encore trop peu de jeunes se rendent dans les évé- nements proposés par la commune. Augmenter ceci permettrait aussi de meilleurs échanges entre les différentes cultures qui composent la Cité des ânes, particulièrement multiculturelle.
> Un marché de noël
Cela fait plusieurs années que Debora Lorenzino rêve de créer « un grand et beau marché de noël à Schaerbeek ». « Je pense que le moment des fêtes de fin d’année est un moment magique pour beaucoup d’entre nous et j’aimerais apporter un peu de cette magie dans notre belle commune », conclut-elle.

Article paru dans le journal LaCapitale, le 26 mars 2018, p.7.