La crise du Covid-19 a mis en lumière la défaillance de notre système des soins de santé. En réalité, le coronavirus n’a été que le déclencheur de lacunes structurelles plus anciennes et plus profondes. Face à ces failles, comment mieux gérer notre système de soins de santé pour le renforcer ? C’est la question que se sont posés les DéFI Jeunes lors de leur Bureau politique sur la santé. 

Des soins de santé sous pression

La Belgique affecte 10% de son PIB aux soins médicaux. Elle fait même partie du top européen ! Malgré une augmentation des dépenses publiques en matière de santé, les budgets n’ont pas suivi autant que les besoins des Belges. En outre, le précédent gouvernement a raboté différents financements, notamment au niveau des hôpitaux. Ces coupes budgétaires poussent ceux-ci à devoir choisir entre engager du personnel ou acheter du nouveau matériel. Et la pandémie n’a rien arrangé avec l’arrêt de nombreux services pendant le confinement. Cette pause forcée a plongé les finances de ces institutions davantage dans le rouge.

Hôpitaux endettés, personnel soignant manquant, métiers mal payés… autant de défis à relever si l’on souhaite renforcer notre système de soins de santé.  Consolider est essentiel pour faire face à d’autres potentielles crises sanitaires. C’est aussi indispensable pour garantir des soins de qualité et accessibles à toutes et tous.

Accroitre les budgets mais pas seulement

Face aux nombreux enjeux du secteur de la santé en Belgique, accroitre les budgets ne semble pas suffisant. En effet, Il est nécessaire de mieux les répartir pour les rendre plus efficaces. Il faut également les réorganiser afin de mieux répondre aux besoins des citoyens.

Pour y parvenir, il semble vital travailler à une meilleure gestion de nos politiques de soins de santé. C’est en sens que les DéFI Jeunes ont dégagé 4 grandes thématiques clés lors de leur Bureau politique :

  • La prévention et le diagnostic : comme dit l’adage : « mieux vaut prévenir que guérir ». En encourageant les citoyens à adopter un mode de vie plus sain, on agit déjà sur leur santé. En promouvant le changement de comportement et en suscitant l’engagement, on réduit l’apparition et développement de nouvelles maladies.
  • La gouvernance : il est difficile d’élaborer des plans et des politiques concrètes quand 9 ministres se retrouvent concernés. Aujourd’hui, la compétence de la santé est fragmentée entre les différents niveaux de pouvoir. Tout le monde y touche mais personne ne fait le même chose. Dès lors, comment assurer une coopération optimale ?
  • L’économie : les budgets consacrés la santé pèsent lourds sur les finances de l’Etat. Pourtant, ils ne sont pas suffisants face au vieillissement de la population et à l’augmentations des soins de longue durée. Pour répondre à ces besoins grandissants, il est notamment nécessaire de faire des économies utiles en développant des alternatives et synergies.
  • La pénurie : le personnel de la santé manque cruellement à tous les niveaux. Ce déficit est en partie lié au numerus clausus que DéFI Jeunes dénonce depuis des années. Ce système doit être revu et adapté aux besoins réels de la population. Il n’est plus admissible d’avoir des zones semi-rurales en pénurie semi-grave de médecins.

Nos propositions pour une meilleure gestion

Lors de ce Bureau politique, les DéFI Jeunes ont échangé avec Sophie Rohonyi, députée fédérale DéFI. Avec l’aide de son expertise sur notre système de soins de santé, les participants ont partagé leurs idées. Pour chacune des thématiques abordées, ces derniers ont élaboré ensemble des propositions nouvelles. Chacune a été soumise à l’approbation des DéFI Jeunes via une consultation online. La plupart ont été approuvées, d’autres amendées.

Prévention et diagnostic 

  • Baisser la TVA sur les produits alimentaires sains, contenant moins de sucre ou de pesticides. Ces produits seraient déterminés via le système de Nutri-Score.
  • Baisser la TVA sur les produits d’hygiène (savon, gel hydroalcoolique…). En effet, ces produits sont des barrières pour éviter et ainsi réduire les contaminations.
  • Evaluer systématiquement les politiques publiques sur leur impact en termes de santé publique.
  • Sensibiliser et éduquer à la cuisine ainsi qu’à la consommation de nourriture saine. Ces campagnes de sensibilisation seraient à destination de tous les âges et de tous les milieux.
  • Créer une politique préventive plus efficace en matière de consommation d’alcool. Il s’agirait de prévenir dans les écoles tant au niveau inférieur qu’au supérieur. L’objectif serait aussi de réinvestir les taxes sur les alcools dans la prévention et uniquement à cet effet.

Gouvernance

  • Créer des réunions thématiques entre les ministres responsables, peu importe le niveau de pouvoir.
  • Modifier la Constitution mais, avant tout, procéder à une évaluation de l’existant. Régionaliser ou refédéraliser certaines compétences ? Il faut surtout le faire de manière intelligente et adaptée.

Economie

  • Encourager et permettre encore plus de synergies entre les acteurs : maternités, hôpitaux, cliniques, médecins, infirmiers, universités…
  • Spécialiser les hôpitaux dans certains services (radiographie, soins palliatifs, chirurgie…).
  • Développer les soins à domicile en veillant à une meilleure organisation et à davantage de financement.
  • Limiter le prix des parkings à l’hôpital et autour pour une meilleure accessibilité financière. Il est vrai que cela peut représenter un coût non-négligeable pour les patients qui doivent y aller régulièrement.

 Pénurie

  • Soutenir la prime de risque pour tous les soignants.
  • Procéder à un cadastre pour déduire de l’utilité du numerus clausus. Cet état des lieux permettrait d’identifier les zones géographiques où se trouvent les médecins généralistes et les spécialisés. L’objectif étant de veiller à la meilleure répartition possible à travers le territoire.
  • Redistribuer les numéros Inami pour plus d’efficacité. Trop de médecins gardent leur numéro alors qu’ils ne prestent (quasi) plus.
  • Soutenir l’engagement de personnel non médical chargé de l’entretien et de la logistique afin de décharger les soignants de ces tâches.

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